La plupart des personnes qui nous consultent le font, d’abord et avant tout, parce qu’elles ressentent un ou des symptômes inconfortables, voire douloureux. Au fil des traitements, heureux le patient qui voit ses symptômes disparaître rapidement, mais consterné est-il quelquefois aussi lorsque, au lieu du « Allez en paix et ne revenez me voir que si ça recommence à faire mal » supposé en de telles circonstances, il se voit offrir un prochain rendez-vous selon sa fréquence habituelle! Oui, votre chiropraticienne vous aime bien et elle est toujours heureuse de vous revoir. Mais si elle vous demande de planifier un prochain rendez-vous incessamment, douleur ou non, c’est qu’elle a bien d’autres raisons… chiropratiques.
Les inconvénients de l’approche symptomatique
Pour qu’un symptôme se manifeste, il faut qu’il y ait un déséquilibre suffisamment important à l’intérieur de notre organisme. Lorsque les déséquilibres sont légers, il arrive qu’ils passent totalement inaperçus parce qu’asymptomatiques. Cependant, si le léger déséquilibre n’est pas corrigé, il aura habituellement tendance à s’amplifier jusqu’à ce qu’un symptôme, souvent une douleur, apparaisse. Les mouvements répétitifs ou exigeants, les mauvaises postures, le manque de sommeil ou d’exercice, une alimentation inadéquate, le stress, les faiblesses héréditaires, autant de facteurs qui sont susceptibles d’augmenter les déséquilibres déjà existants et d’en créer de nouveaux. Bref, vivre une vie considérée « normale » tend à amplifier nos déséquilibres avec le temps (ou d’une manière brusque, comme c’est le cas lors d’un accident).
Les symptômes sont de bons indicateurs de déséquilibres, mais leur absence n’est donc pas une garantie que tout baigne dans l’huile pour autant. L’approche médicale nous a habitués à n’intervenir que lorsqu’un symptôme se manifeste (ou qu’il est détecté par des tests), reléguant l’aspect préventif au second plan. Cependant, cette manière d’aborder la santé comporte de nombreux inconvénients dont certains peuvent s’avérer majeurs.
Par exemple, nous savons que l’arthrose (usure au niveau des articulations) peut être présente durant de très nombreuses années avant que ses symptômes ne se manifestent. Plus le temps passe sans qu’une correction adéquate ne soit apportée, plus cette usure risque d’être importante. Nous savons également qu’un déséquilibre qui est installé depuis de très nombreuses années est habituellement plus long et plus difficile à corriger. Notre organisme forme un tout : le moindre déséquilibre à un certain endroit risque d’en produire d’autres ailleurs et d’entraîner une multitude de symptômes qui auraient pu être évités si le déséquilibre initial, si minime soit-il, avait été corrigé au départ. Imaginez le nombre de douleurs, tensions, raideurs, inconforts qui auraient pu être évités de cette manière!
Ce que nous préconisons, à la clinique, n’est pas une approche purement symptomatique, mais bien une approche de santé réelle.
Sur le chemin de la santé réelle…
Plusieurs de nos patients nous disent, à la blague, qu’ils aimeraient bien que nous puissions « brocher » leurs vertèbres dans la bonne position pour qu’elles y demeurent une fois pour toutes! La réalité n’est cependant pas aussi simple. Nous sommes faits pour le mouvement, pour bouger, et la véritable santé dépend justement de notre capacité à le faire, de la manière la plus fluide possible.
À chaque traitement que vous recevez, votre chiropraticienne s’emploie à redonner de la mobilité aux vertèbres qui induisent des situations de blocage ou de tension articulaire. Il s’agit d’un processus de réhabilitation graduelle, mécanique, neurologique et musculaire. Vos vertèbres ne peuvent pas être « replacées » définitivement, pas plus que vous ne pouvez vous couper les ongles et les cheveux une bonne fois pour toutes (à moins que vous ne soyez décédé… ce qui est peu probable, puisque vous êtes en train de lire ce texte). Il est donc normal, et même très souhaitable que votre chiropraticienne vous invite à poursuivre vos soins même si vous ne ressentez plus, actuellement, aucun symptôme.
En fait, notre expérience professionnelle nous a démontré qu’au bout du compte, une personne qui poursuit ses soins à la fréquence requise ne nécessitera généralement pas plus de traitements qu’une autre qui interrompt ses soins entre les épisodes symptomatiques, mais qui devra les reprendre à une fréquence plus rapprochée lors de son retour. Cependant, la première se sera épargné plusieurs symptômes désagréables et les risques d’aggravation de son état initial…
Ce que nous vous conseillons, c’est exactement ce que nous faisons pour nous-mêmes et pour nos proches. Et puis, il faut l’avouer, il est beaucoup plus agréable pour nous de vous rencontrer lorsque vous êtes souriants et en santé que lorsque vous souffrez, surtout si nous savons que cette situation aurait pu être évitée!